1 Tim 4 v 12
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Claudio Caçapa est défenseur central à l’Olympique Lyonnais (OL) depuis la saison 2000/2001. Agé de 30 ans, il est l’un des éléments incontournables de cette équipe championne de France pour la cinquième année consécutive. Défenseur latéral, Demetrius Ferreira a réalisé quant à lui sa troisième saison avec l’autre olympique, celui qui anime tant de passion sur la Canebière, l’Olympique de Marseille (OM). Tous deux sont brésiliens et possèdent l’expérience footballistique du trentenaire, mais leur point commun le plus caractéristique est sans conteste leur foi affichée en Jésus-Christ. Au travers de cet entretien croisé, les deux footballeurs nous partagent leur parcours spirituel, leur manière de vivre leur foi dans leur club, mais aussi leurs valeurs, conseils et projets…etc.
Propos recueillis par Paul Ohlott.
Paul Ohlott : «Claudio, à quel moment et dans quelles circonstances avez-vous rencontré le Seigneur?»
Paul Ohlott : «Et pour votre part Demetrius, quel a été votre cheminement spirituel?»
Demetrius Ferreira : «J’ai connu le Seigneur en 1991, lorsque je jouais au football dans une équipe au Brésil. Dans cette équipe, il y avait de nombreux chrétiens. J’étais jeune et dès que j’ai commencé à jouer avec les pros et donc à me rendre à l’hôtel avec eux, j’ai été invité à une réunion évangélique. C’est au cours de l’une de ces réunions que j’ai été touché par l’Evangile. Dieu a su trouver mon cœur alors qu’au départ je m’y rendais surtout pour être en contact avec les joueurs. Avant cette réunion, je n’étais pas du tout chrétien. C’est vrai qu’il y a beaucoup de catholiques au Brésil, et mes parents l’étaient aussi. Mais, catholique au Brésil signifie juste croire en Dieu et non vivre pour Lui et se rendre régulièrement à l’église. On entend parfois parler de Dieu, mais on ne le connaît pas et c’était la première fois que j’entendais vraiment des chrétiens me parler de la Parole de Dieu et de Jésus-Christ. La Parole de Dieu est puissante, et sans avoir tout compris sur Jésus, le Saint-Esprit a fait son œuvre en moi. Jusqu’à aujourd’hui, j’ai essayé d’être fidèle au Seigneur. C’est vrai que nous sommes des êtres humains, nous sommes faibles, mais je sais que ma réussite et tout ce que j’ai pu faire jusqu’à maintenant je le dois à Dieu uniquement. La Bible nous dit que nous ne pouvons rien faire sans Jésus, et c’est une réalité».
«La chose la plus importante dans ma vie ce n’est pas la pratique d’une religion, mais le Seigneur»
Paul Ohlott : «Est-ce que votre foi est bien acceptée dans le milieu footballistique et en particulier à l’Olympique Lyonnais?»
Claudio Caçapa : «Avec les Français, c’est toujours difficile d’en parler, car il y a beaucoup d’incrédulité. Mais, cela ne me freine pas et j’essaie en permanence d’annoncer l’Evangile. Plusieurs coéquipiers m’ont déjà suivi à l’église et beaucoup m’interrogent sur les différences entre le Catholicisme et le Christianisme évangélique. Je leur réponds toujours que Dieu n’appelle pas à suivre une religion, mais à placer sa confiance en Lui au travers du sacrifice de Jésus-Christ. Dieu est vivant, Il est tout puissant, Il peut guérir et faire une multitude de prodiges, mais pour connaître cela, il faut mettre notre foi en Lui. J’essaie de leur faire comprendre que la chose la plus importante dans ma vie ce n’est pas la pratique d’une religion, mais le Seigneur. Et Jésus vient désormais en premier dans ma vie, avant même ma famille ou mes biens matériels».
«On a ressenti un vide, car on ne peut pas vivre sans l’église»
Paul Ohlott : «Vous aussi Demetrius, vous avez quitté le Brésil pour la France. N’avez-vous pas senti une grande différence, spirituellement parlant…?»
Demetrius Ferreira : «C’est vrai qu’au niveau spirituel, ça change beaucoup entre le Brésil et la France. On se sent moins libre de parler du Seigneur ici, et il y a très peu de joueurs chrétiens. J’ai remarqué aussi qu’en France, quand quelqu’un témoigne de la nécessité d’avoir le Seigneur dans sa vie, on le considère comme un être faible. Je reconnais que ça n’a pas toujours été facile de supporter cela. La situation était d’autant plus difficile que ma femme et moi-même n’avons pas pu aller à l’église en France les deux premières années, tout simplement parce que nous ne parlions pas le français. Et là on a ressenti un vide, car on ne peut pas vivre sans l’église». Paul Ohlott : «N’est-ce pas difficile d’aller dans une église à Marseille, quand on est un joueur à l’OM?»
«Je n’accepterai jamais de me considérer comme une idole!»
Paul Ohlott : «Claudio, le football est-il un métier comme un autre pour vous?»
Claudio Caçapa : «Pour moi, le football est comme n’importe quel autre travail. L’avantage que l’on peut en tirer malgré tout, c’est que le succès nous permet de témoigner à beaucoup de personnes. Quand les gens me reconnaissent dans la rue et se disent: ‘’Eh, c’est Claudio Caçapa, il est capitaine de l’équipe de Lyon’’, ils m’écoutent et je peux leur parler du Seigneur. Ceux qui me suivent réalisent même que j’ai changé depuis ma venue en France. Certains me demandent d’ailleurs pourquoi ce changement, et c’est donc facile pour moi de le leur expliquer. C’est un métier qui ouvre de nombreuses portes pour l’annonce de l’Evangile, à la seule condition que l’on parle et que l’on n’ait pas honte de Christ. C’est parfois difficile, mais il faut refuser la timidité et la honte».
Paul Ohlott : «Vivez-vous différemment les séances d’autographes maintenant que vous êtes chrétien?»
Claudio Caçapa : «Rien n’a vraiment changé à ce sujet, car je n’accepterai jamais de me considérer comme une idole. Ce n’est pas parce que je passe parfois à la télévision ou que ma photo est dans le journal, que je suis supérieur à qui que ce soit. Je sais que certains vivent le football comme une religion, mais pour moi, c’est très clair, ça ne l’est pas et ça ne doit pas l’être!».
«Au-delà des tee-shirts, le plus important c’est d’avoir une image de chrétien, c'est-à-dire de refléter Jésus sur le terrain…»
Paul Ohlott : «Avez-vous un modèle sportif et spirituel?»
Claudio Caçapa : «Oui, c’est Claudio Taffarel, parce que c’est lui qui m’a aidé et qui m’a montré le chemin. Il n’est pas une idole, car je n’ai qu’un seul Dieu, le Seigneur Jésus. Mais c’est un homme qui m’a apporté beaucoup, et si je suis chrétien aujourd’hui c’est en partie grâce à lui. Il est à la fois un modèle sportif et spirituel».
Paul Ohlott : «Demetrius, pensez-vous que le football peut être un vecteur important pour l’évangélisation mondiale, comme on a pu le voir lors de la dernière coupe du monde?»
Demetrius Ferreira : «Oui et non. Je crois qu’au-delà des tee-shirts, le plus important c’est d’avoir une image de chrétien, c'est-à-dire de refléter Jésus sur le terrain, et ce n’est pas évident. J’ai beaucoup progressé à ce sujet, parce que lorsque je suis arrivé en France en 1998, j’étais beaucoup plus nerveux qu’aujourd’hui. Mais, en tous les cas, il faut saisir la moindre opportunité, parce que toute chose a un temps et je ne serai pas footballeur à vie. Il faut donc que je témoigne tant que je suis dans ce milieu».
«A chaque opportunité, il faudra répondre présent, et ne pas s’abstenir par peur ou par honte»
Paul Ohlott : «Et vous, qu’en pensez-vous Claudio? Est-ce que la présence de nombreux chrétiens évangéliques dans la Séléçao est une opportunité à saisir pour l’évangélisation à l’échelle internationale?»
Claudio Caçapa : «Oui! Et on s’en est rendu compte notamment lorsque l’équipe a gagné la coupe du monde en 2002. Quatre ou cinq joueurs se sont mis à genoux et ont remercié Dieu tout en arborant des tee-shirts portant des inscriptions sur Jésus. Le monde entier a pu voir ce geste-là. C’était une occasion en or. A chaque opportunité, il faudra répondre présent, et ne pas s’abstenir par peur ou par honte».
Paul Ohlott : «Qu’est-ce que cela change lorsqu’il y a plusieurs joueurs chrétiens dans une équipe?»
Claudio Caçapa : «C’est un plus évident. Par exemple, lors d’une mise au vert, c’est super quand on peut passer un temps ensemble pour prier et méditer. On ne prie pas pour les résultats, mais pour que le Seigneur nous garde de blessures et qu’Il nous donne sa paix au quotidien. Pour les résultats, Dieu est souverain. Mais l’ambiance n’est pas la même lorsqu’il y a beaucoup de chrétiens, et la teneur des discussions est totalement différente. Pour le témoignage, c’est également une aubaine et une force supplémentaire»
«Il ne suffit pas d’être chrétien pour que l’équipe remporte le match»
Paul Ohlott : «Claudio, en ce début d’année, vous êtes passé sur OL TV pour témoigner de votre foi au quotidien, quelles ont été les réactions?»
Claudio Caçapa : «Il y a eu beaucoup de réactions dès le lendemain. Le présentateur est venu me voir et m’a dit: ‘’je veux entendre, je veux comprendre, explique-moi quel est ce Dieu dont tu parles tout le temps…’’. Je lui ai parlé et il est venu au culte avec moi. Il s’est mis à pleurer comme un enfant… Il n’y a rien à faire, c’est le Saint-Esprit qui agit!».
Paul Ohlott : «Dieu est-il selon vous un inconditionnel du football?»
Claudio Caçapa : «Je ne sais pas si Dieu s’intéresse au foot, mais je sais qu’il pose un regard favorable sur tous ses enfants. Qu’importe donc s’Il aime le foot ou non, je sais qu’Il me regarde parce que je vis pour Lui et qu’il en fait autant pour tous les joueurs chrétiens, et c’est bien là l’essentiel!».
Demetrius Ferreira : «Je ne sais pas également s’Il s’intéresse au foot, mais Il s’intéresse effectivement à nous qui jouons au foot»
«Avant de connaître Dieu, l’argent était mon but, et j’ai vu où cela me conduisait»
Paul Ohlott : «Claudio, est-il évident d’être chrétien lorsque la manne financière est importante?»
Claudio Caçapa : «Mon argent vient bien après le Seigneur. Aujourd’hui, j’ai une vie confortable, j’ai une belle voiture, et j’ai tout ce qu’il faut, mais tout cela n’est rien quand on n’a pas la paix de Dieu. Cette paix et cette joie du Seigneur, ce sont mes vrais trésors. Avant de connaître Dieu, l’argent était mon but, et j’ai vu où cela me conduisait»
Paul Ohlott : «Aux enfants et adolescents chrétiens qui rêvent de devenir footballeurs professionnels, quel conseil donneriez-vous?» Claudio Caçapa : «Rêvez! Il ne faut pas empêcher ce rêve, mais être bien conscient que la vie d’un footballeur n’est pas facile. C’est un travail qui attire beaucoup de tentations multiples. Maintenant, si vous restez fidèle au Seigneur, Il saura être fidèle envers vous et vous permettre de réussir votre passion. Sachez aussi qu’il va falloir être très persévérant. La relâche n’est pas permise, que ce soit dans le travail sportif ou dans son culte personnel. Commencez par soumettre votre désir au Seigneur et attendez son approbation ou sa confirmation. Aujourd’hui, je prie toujours avant d’acheter ou de faire quelque chose, c’est primordial».
Paul Ohlott : «Est-ce que la foi peut aider ces jeunes ou rend-t-elle ce rêve plus complexe?»
Claudio Caçapa : «La foi mariée à la fidélité est une aide précieuse. Mais avant de rentrer dans un tel rêve, il ne faut pas être naïf et croire que les choses vont toujours se passer comme on veut. Etre chrétien, ça ne rend pas plus facile l’accession au titre de footballeur professionnel. Il va falloir une débauche importante d’efforts et de travail. Pour ne pas être déçu, il faut s’assurer de la volonté de Dieu avant de se lancer dans une telle aventure. Ne soyez pas trop pressé, n’oubliez pas qu’il y a un temps pour tout. Mon passage préféré actuellement est Ecclésiaste 3».
Paul Ohlott : «Demetrius, vous ne participez pas à cette Coupe du monde, mais vous en êtes l’un des supporters malgré tout. Quelles sont les 2 ou 3 équipes qui peuvent prétendre au titre selon vous?»
Demetrius Ferreira : «Le Brésil a toutes ses chances de décrocher un nouveau titre. Il a une très belle équipe. Mais c’est vrai qu’après c’est difficile de juger car il peut se passer beaucoup de choses dans une Coupe du monde. La France a une bonne équipe, mais honnêtement, je ne pense pas qu’ils seront champions du monde».
«Je souhaite travailler pour le Seigneur»
Paul Ohlott : «Qu’est-ce qui manque à la France pour pouvoir selon vous pour réitérer l’exploit de 98?»
Demetrius Ferreira : «Jouer en France! Le fait d’avoir joué à domicile a contribué considérablement à leur victoire».
Paul Ohlott : «Qu’espérez-vous accomplir dans le football avant de raccrocher vos crampons?»
Demetrius Ferreira : «J’aimerai vraiment gagner un titre, parce que je n’ai pas encore été champion de France. J’ai seulement joué une finale de coupe UEFA avec Marseille et une finale de coupe de France avec Bastia, et nous avons perdu les deux. Un trophée avant de prendre ma retraite sportive me ferait vraiment plaisir».
Paul Ohlott : «Est-ce que vous ressentez l’appel de pasteur ou d’évangéliste?»
Demetrius Ferreira : «Je pense à ces choses. Je souhaite travailler pour le Seigneur. Je pense que je vais retourner en tous les cas au Brésil, mais c’est le Seigneur qui va décider et si je dois retourner en France pour prêcher la Parole, je le ferai».
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| Source : TopInfo |